----------------point de vue par Pierre MATTHIEU -------6 ième dan- --------------------

enseignant au Judo Club Lugdunum à Lyon

AIKIDO , UN ART BASE SUR LA NON VIOLENCE

Des mouvements en spirales qui conduisent le déséquilibre de l’attaquant

 

Dans la pratique de l’Aïkido :

Il s’agit, en ce qui concerne l’attaquant « UKE », de l’amener juste au-delà de sa propre intention, d’amplifier son mouvement de telle sorte qu’il reste entièrement présent dans l’action mais qu’il en perde le contrôle. Ce qui le conduit presque aussitôt en situation de déséquilibre. Quant au pratiquant « TORI », son rôle est de s’effacer au dernier moment devant l’attaque et de guider la force engagée par l’adversaire en effectuant un déplacement du corps susceptible d’accentuer le déséquilibre de l’attaquant. Dans la plupart des cas ce déplacement est un pivotement du corps en ouverture sur l’appui du pied avancé « Tenkan » ou un changement d’appui précédant le même pivotement en ouverture « Taï Sabaki ». La technique s’amorce donc le plus souvent par un mouvement tournant. D’une façon très générale, les mouvements d’Aïkido s’inscrivent dans des spirales, spirales qui s’ouvrent dans le déséquilibre, spirales qui se ferment dans la projection ou le contrôle, le sens d’enroulement et l’orientation de ces spirales qui se prolongent l’une dans l’autre pouvant varier quasi-instantanément au cours de la même technique par déplacement du centre de Tori.

Au moment de l’attaque, la distance de Uke par rapport à sa cible varie selon le type de menace, frappe, coupe ou saisie à une main, saisie à deux mains, voire tentative de ceinturer le corps ou étranglement. Du fait de l’application du principe de l’esquive sans neutralisation immédiate de l’attaquant, le champ des réponses possibles est très ouvert et le travail se prête à des variations techniques jouant sur le temps, la distance et la forme de contrôle choisi en tenant compte des possibilités physiques de l’attaquant et de la qualité de son engagement. Par contre au moment de l’esquive, un contact si possible léger mais déterminant est pris avec le corps ou plus généralement le bras d’attaque du partenaire qui vient de manquer sa cible. Ce contrôle est généralement effectué avec les deux mains, travaillant en synergie, bien centrées sur l’axe médian du corps mais avec un minimum de tension - et un maximum de présence - pour ne pas entraver la liberté de mouvement de ce dernier dans l’esquive, avec ou sans saisie. Le déséquilibre est ensuite conduit par le contact des mains sur un tracé qui s’inscrit généralement dans une spirale, puis le corps s’engage, avec une forte poussée des hanches, tangentiellement au corps du partenaire mais avec une pression dirigée sur son centre, pour rompre l’engagement et amener l’attaquant au sol par projection ou contrôle du bras d’attaque puis du corps.